GlouGlou
Dans ce tableau grand format, l’attention est immédiatement happée par le regard magnétique de la créature représentée. Ses deux grands yeux ronds, ouverts avec une intensité presque hypnotique, fixent le spectateur sans détour, créant un face-à-face direct et troublant. Ce regard, à la fois naïf et profond, convoque une émotion ambiguë : entre amusement, surprise et une pointe d’étrangeté. Sa silhouette, allongée par un cou interminable qui semble jaillir du bas de la toile, intrigue et amuse à la fois. On a l’impression que ce personnage sort de sa cachette pour apparaître brusquement dans notre champ de vision, comme surpris en plein mouvement. L’effet comique et mystérieux est renforcé par l’étrange verticalité de son corps, contrastant avec l’expressivité ronde et enfantine de son visage. Le titre Glouglou ajoute une dimension supplémentaire, oscillant entre deux interprétations : le bruit de la boisson, évoquant une ivresse légère qui expliquerait cette expression ahurie, et le nom inventé d’une espèce animale imaginaire, presque africaine, qui prêterait naturellement à sourire. L’œuvre joue ainsi sur la frontière entre le réel et le fantasme, le sérieux et la légèreté. Les couleurs vives, dominées par des aplats turquoise, orange, rouge et jaune, créent un univers vibrant et joyeux. L’acrylique, appliquée en larges touches texturées et en aplats dynamiques, confère à l’ensemble une énergie brute, renforçant le côté spontané et instinctif de la création. À travers ce personnage improbable, à la fois drôle et troublant, Glouglou interroge la part d’étrangeté en chacun de nous, tout en invitant à sourire et à accueillir l’inattendu.



