PERCEPTION
Nous regardons une œuvre.
Mais que regarde-t-elle en retour ?
Perception est née d’un souvenir simple : celui d’un vernissage, en observant les visiteurs face aux tableaux. Tous regardaient la même œuvre, mais aucun ne semblait vraiment regarder la même chose.
Un détail attire l’un, une couleur interpelle l’autre. Certains cherchent à comprendre, à analyser, à assembler les signes. D’autres se laissent simplement porter par une sensation, une émotion ou leur imaginaire.
C’est ce dialogue silencieux entre l’œuvre et celui qui la regarde que j’ai voulu mettre en scène.
À gauche, le regard plonge. Les flèches descendent, les signes s’enchaînent, quelques bulles et symboles évoquent presque une exploration sous-marine. Comme si regarder une œuvre consistait d’abord à y entrer, à quitter la surface pour explorer ce qui se cache derrière l’image.
Au centre, la lumière et les couleurs apparaissent davantage. Les silhouettes observent, mais leurs regards partent dans des directions différentes. Chacune construit sa propre lecture. Une même image peut ainsi devenir plusieurs histoires selon celui qui la regarde, son vécu, sa sensibilité ou simplement ce qu’il choisit d’y voir.
À droite, cette perception se transforme. Les éléments se fragmentent comme les pièces d’un puzzle. Ils deviennent images, signes, presque mots, comme cette volonté que nous avons parfois de décrypter et de mettre un sens sur ce que nous ressentons. Puis les fragments se libèrent à nouveau, deviennent une multitude de points et remontent vers le haut, laissant l’analyse céder la place à l’imaginaire.
Et au-dessus de cette circulation apparaît un troisième œil : un regard plus intuitif, plus intérieur, peut-être plus spirituel.
Les personnages regardent l’art.
L’art regarde les personnages.
Et vous regardez une œuvre dans laquelle d’autres sont déjà en train de regarder.
Trois niveaux de perception qui finissent par se confondre.
Alors finalement… qui regarde qui ?








